Une enquête pour mesurer l’ampleur de la situation

La Région Bretagne, le Comité Régional du Tourisme, l’ensemble des partenaires publics via leurs opérateurs (ADT, Offices du tourisme) ainsi que des réseaux professionnels* du secteur se sont associés afin de conduire une enquête auprès des professionnels du tourisme sur l’impact de la crise actuelle.

Lancée le 9 avril auprès des hébergeurs, équipements culturels et de loisirs, centres nautiques, agences évènementielles et réceptives, plus de 3 000 réponses ont été collectées en quelques jours, et le constat est sans appel. Voici un extrait des principaux enseignements.

Un impact majeur pour l’emploi

Dans ce contexte, les professionnels du tourisme recourent massivement au chômage partiel : 4/5 des entreprises employant des salariés optent pour cette solution a minima pour une partie de leurs équipes, même s’il existe des différences selon les secteurs : 94 % des hôtels, 50 % des campings, 60 % des équipements culturels et de loisirs. Ainsi, on estime qu’actuellement entre 20 000 et 25 000 salariés sont concernés par le chômage partiel lié à l’arrêt de l’activité touristique.

La situation impacte aussi l’embauche de saisonniers, notamment ceux de longue durée. Environ 80 000 contrats saisonniers sont signés chaque année dans la région, certains commençant dès le mois de mars. Si 60 % des entreprises du secteur attendent encore d’en savoir plus sur les mesures de déconfinement, 32 % d’entre elles décalent les dates de début de contrat (et donc en réduisent la durée) et 16 % annulent une partie de leurs recrutements.

Des chiffres d’affaires en chute libre

La montée en puissance de l’épidémie, puis l’appel au confinement à compter du 17 mars, ont stoppé net l’optimisme du début d’année. En mars, environ 75 % des entreprises bretonnes du tourisme affichent des pertes de chiffres d’affaires supérieures à 50 % (30 % supérieures à 75 %). Et le mois d’avril sera pire encore : près de 90 % des entreprises annoncent d’ores et déjà des chiffres d’affaires proches de 0, des baisses supérieures à 90 % par rapport à 2019.

Alors à combien peut-on estimer l’impact économique de la crise ? En Bretagne, le secteur du tourisme enregistre 6,6 milliards d’euros de consommation touristique annuelle. Les nuitées habituellement réalisées sur la période allant de mi-mars à mi-mai représentent 12 % des nuitées annuelles. Ces deux mois de confinement conduiront donc mécaniquement à une perte de près de 800 millions d’euros pour le secteur du tourisme en Bretagne. Et, si le 11 mai peut représenter la date d’une éventuelle levée du confinement, elle ne signifiera pas pour autant la reprise du tourisme…

Pour l’heure, les réservations pour les mois d’été sont très en deçà des niveaux habituellement observés à cette période pour 70 % des acteurs de la filière qui ont déjà enregistrées de nombreuses annulations pour les mois à venir. 3/5 des professionnels ont aussi enregistré plus de 75 % d’annulations des activités / séjours réservés en amont au mois de mai, quelles que soient les clientèles. Au mois de juin, cette proportion atteint déjà 2/5.

Retrouvez l’intégralité des résultats de cette enquête ainsi que les déclinaisons des résultats selon les territoires et les filière partenaire en cliquant ici.

*UMIH Bretagne, UBHPA, UNAT, ADEL, NEB, CCI Bretagne, réseau agences réceptives