En Bretagne, la mer fait partie du cadre de vie mais ce n’est pas pour autant que tous les Bretons, et notamment les plus jeunes, pratiquent des activités nautiques.

Le CRT Bretagne et ses partenaires (Conseil régional, Nautisme en Bretagne) se sont intéressés à la question et ont missionnés l’IRS (Institut Régional des sondages) pour conduire des focus group et entretiens individuels auprès de jeunes Bretons, collégiens ou lycéens, pratiquant ou non des activités nautiques et leur apporter des éléments de réponse. Alors qu’en est-il ?

L’agenda des jeunes n’étant pas extensible, les pratiques sportives et les pratiques non sportives sont souvent en concurrence. Pour les premières, souvent nombreuses, priment l’immédiateté des sensations et à la proximité, la facilité d’accès. Pour les autres, si les écrans et les univers virtuels ont une place importante et sont de véritables marqueurs générationnels, les activités traditionnelles perdurent, notamment la plage. Elle constitue une opportunité d’activité particulièrement, liée à la mer, la détente, la découverte, le sport et la nature.

Le froid, les conditions hivernales, les intempéries qui génèrent un inconfort et l’intermittence de la pratique peuvent constituer un frein à la pratique. Cependant, des aspects tels que l’éloignement des infrastructures ou des sites de pratiques ainsi que des éléments de logistique personnelle constituent également un handicap pour la pratique. A cela s’ajoute les aspirations et projets du jeune, sa vision de la pratique nautique, la limitation du temps disponible, la prépondérance d’une forme de zapping sportif, la lassitude générée par la pratique ou les conditions de celle-ci, son rapport à la compétition, sa capacité à être intégré au groupe, sa capacité à obtenir rapidement une forme de résultat et les sensations associées…

Autre élément à prendre en compte : l’offre et son contexte. Le manque de connaissance, la difficulté d’accès à l’information, parfois le coût économique ou la qualité des matériels et des infrastructures sont pointés du doigt.

Aujourd’hui la sphère publique et la sphère privée sont complémentaires dans l’accès aux activités nautiques. La richesse de l’une et de l’autre agissent directement sur l’accès à la pratique d’activités nautiques. Pour les moins favorisés, la sphère publique est le principal acteur pouvant favoriser la pratique nautique.

Les sports d’autonomisation sont les plus populaires et les plus accessibles. Ils se pratiquent en club ou en loisirs et sont fédérateurs. Les sports à haute technicité suscitent une forme d’admiration mais semblent le plus souvent inaccessibles. Les sports à sensations immédiates s’inscrivent souvent à la limite de la pratique sportive. Les sports de découverte et d’émerveillement, le plus souvent associés à la plongée sous-marine, peuvent facilement constituer un levier d’adhésion.

En conclusion, les injonctions paradoxales caractérisent cette génération, c’est-à-dire leur capacité de vouloir à la fois quelque chose et son contraire. Ils opposent la recherche de valeurs individuelles et de valeurs de groupe ; souhaitent des sports techniquement avancé mais avec des résultats immédiats ; vivre des sensations fortes, sans se départir d’un certain confort…